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Les membres du Cercle freudien  ont la tristesse de vous faire part du décès de Claude RABANT.
Philosophe et psychanalyste.
Cofondateur du Cercle freudien, membre actif de l’association jusqu’à nos jours, directeur de la revue Che vuoi ? Un hommage lui a été rendu au cimetière du Père-Lachaise, Paris 20°, en la salle de la Coupole, le 14 février.

Pour lire l’hommage du Cercle à Claude Rabant prononcé par Pierre Boismenu (président du Cercle) cliquer ci-dessous :
Hommage à Claude Rabant


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Nous avons la tristesse de vous annoncer le décès de Claude SPIELMANN
survenu le 8 février 2024, à l’âge de 86 ans.
Claude a été un membre actif du Cercle freudien depuis sa fondation et a présidé l’association de 2015 à 2017.
L’enterrement aura lieu le vendredi 16 février à 15h au cimetière parisien de Bagneux
 45 avenue Marx Dormoy 92220 Bagneux.

L’on peut retrouver nombre de ses écrits sur son site : www.claudespielmann.com


À VENIR

Samedi 2 mars 2024 à 14 h 30
10, passage Montbrun Paris 75014

Danièle Epstein
Le prix de la vie : pacte symbolique ou livre de chair
Samedi 23 et dimanche 24 mars 2024
 Hôtel Mercure Metz Centre,
29 Place St Thiébault, 57000 Metz

Journées internes du Cercle freudien
(réservées aux membres)


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THÈME DE L’ANNÉE

2023-2024

De quoi être fou

Cette formule peut paraitre un peu « infamilière » pour un thème de l’année, et de fait  elle est foncièrement équivoque : qu’entendre sémantiquement par « fou », entre psychose et affolement, entre détresse et excitation, errance et extase ? Par « de quoi », entre cause et objet ? Par « être », entre état et devenir ?…  Et syntaxiquement: assertion, exclamation, interrogation ? 

Elle fait d’abord écho à un air du temps qui porte aux limites de la « raison », y compris peut-être de la « raison depuis Freud »[1], au point qu’il faudrait nous atteler à inventer quelque chose comme une « raison depuis Lacan » pour tenter d’être à la mesure du fol aujourd’hui. Au-delà des effets de la période covid, n’est-elle pas un révélateur symptomatique du devenir accéléré de ce qu’on appelle « anthropocène » ? Le signifiant « être fou », dans toute l’ambivalence de ses usages, pourrait-il alors être un mot de passe pour réinventer cette « raison merveilleuse et imprévue » à laquelle Rimbaud (poème : Génie) nous convoque ?

Il ne s’agit certes pas, pour nous, de rendre compte de la « folie du monde », mais d’en prendre la mesure pour autant que la psychanalyse, si elle est excentrique par rapport à toutes sortes d’autres pratiques sociales[2] n’est pas extraterritoriale :la cure ne conduit pas les patients à exister dans les limbes mais, dans leur singularité, à ex-sister au monde.

Une telle formule peut donc accueillir les travaux qui s’efforcent de prendre la mesure de l’incidence du bouleversement sociétal sur la clinique, et inversement faire valoir les ressources de notre pratique pour penser ce qui nous arrive, comme par exemple l’émergence des discours sur le transgenre ou la trans-identité ou sur l’inceste et les violences faites aux femmes… Elle peut aussi s’ouvrir à des élaborations folles de certains sujets, artistes ou simples patients pour peu qu’on ne les réduise pas à une pathologie.  Et encore, donner à partager des élaborations qui tentent de rendre raison de l’analyse poussée jusqu’au bord du possible. Sous ce thème, on pourra donc retravailler nos fameuses catégories « pernepsy », que la psychanalyse a déjà dévoyées de la psychiatrie en en parlant en termes de structures (variétés de la prise dans le langage) et de transferts spécifiques.

Cette « folie » peut aussi affecter nos corps et inviter à prendre en compte un savoir inconscient du corps comme par exemple chez Michèle Montrelay, tout comme l’histoire voire la préhistoire du Sujet ; et affecter la psyché dans sa complexité, dimension subjective délaissée par la science et la médecine et par nombre de discours publics particulièrement bruyants, agressifs et intolérants qui reviennent à forclore ou dénier l’inconscient.

Le thème de l’année consiste donc moins en un fil notionnel qu’il n’offre une tresse, elle-même un peu « folle », de fils hétérogènes. Un peu folle au sens où elle prend acte de ce que les pensées établies semblent s’affoler de nos jours, au risque d’une grande confusion de pensée. Ce qui nous appelle d’autant plus à un renouvellement de la raison analytique afin de pratiquer l’analyse, y compris à contre-courant… 


[1] Lacansous-titre de L’instance de la lettre.

[2] Ou « discours » au sens de Lacan.

Pour lire l’exposé de présentation du thème de l’année par Pierre Boismenu, cliquer ci-dessous :
Comment point n’être fou


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Luis Izcovich : Le savoir-faire du psychanalyste Discutants : G Dana, P Boismenu.

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