Eléments pour une histoire du Cercle Freudien

Ces éléments de chronologie ne suffisent pas à faire l’histoire de notre association. Ils permettent simplement de situer le Cercle Freudien dans sa dynamique interne.
Le Cercle Freudien est la première association constituée dans l’après-coup de la dissolution de l’ École freudienne de Paris, par des analystes qui ne souhaitaient pas rejoindre La Cause Freudienne, sous une forme privilégiant d’emblée le lien de travail entre analystes.
Dès son origine, est instauré le principe de « n’instituer que dans le fonctionnement ».

1981 :
Création du Cercle Freudien par Michèle Abbaye, Olivier Grignon, Jacques Hassoun, Pascale Hassoun et Claude Rabant. Tous sont issus de l’École Freudienne de Paris. L’association qu’ils fondent peut s’articuler aux effets du colloque organisé en 1981 par « Entre-Temps » à la Grande Motte sur le thème : Psychose – Perversion – Passe comme pratique de la formation.
A cette date l’association ne prévoit que cinq membres : les fondateurs ; les répartitions de fonction au sein du bureau s’effectuent par tirage au sort.
Le travail s’organise autour des soirées du mercredi dans lesquelles est mis en œuvre le principe selon lequel  « la question de l’un pour se travailler passe à l’autre dans une chaîne hétérogène où chacun s’avance assez pour permettre au suivant d’y nouer son discours ». Ce nouage trouve aussi son écho dans les pratiques surréalistes du « cadavre exquis ».
Pour coordonner les exposés, des thèmes annuels sont proposés tels que: Refoulement et transfert en 1981/1982.
En juillet 82, le Cercle Freudien est constitué en association selon la loi de 1901.

1983 :
En Octobre, une revue est lancée « PATIO », les cinq membres fondateurs s’associent à François Baudry, Marcianne Blévis, Béatrice Ithier, Monique Tricot et Hector Yankelevitch ; ce n’est pas la revue du Cercle mais les membres du comité de rédaction travaillent au Cercle Freudien. Le directeur de publication est Claude Rabant. Le numéro 1 est intitulé  « Déplacement ». La revue paraîtra douze fois jusqu’en 1989.
Cette même année, les exposés du mercredi auront pour thème « Le réel et le trauma ».

1984 :
Premier colloque organisé par PATIO « L’inceste ».

1985 :
Le Cercle Freudien organise un colloque à Chantilly, sur le thème « Constructions dans l’analyse et mise en œuvre du vide » (les exposés seront publiés dans Patio n° 7 en 1987).
Les exposés du mercredi de l’année portent sur « L’interprétation et la pulsion ».

1986 :
Cinq ans après sa fondation, le Cercle Freudien organise pour la première fois deux journées de travail au Moulin d’Andé sur le thème  « La formation des psychanalystes ».
Les thèmes des mercredis seront « La pulsion, la résistance ».
En octobre, la revue Patio, en collaboration avec le Collège International de Philosophie, organise à Paris un colloque sur « L’amour ».

1987 : année de la refondation
Les thèmes mis au travail dans l’année sont « La résistance » puis « L’acte analytique et la répétition ».

Dans le sillage des journées de 1986, les cinq fondateurs décident la réorganisation du Cercle Freudien. Le Cercle initial s’ouvre à de nouveaux membres, une première liste est constituée et une assemblée générale entérine cet élargissement ainsi que la mise en place d’un Conseil d’Administration et d’un Cardo (cf. chapitre 4). Le premier Cardo comprend Daniel Destombes, Olivier Grignon, Pascale Hassoun, Claude Rabant et Monique Tricot. Le C.A. comprend Jacques Hassoun, président, Annie Guérineau, vice-présidente, Michèle Abbaye et Guy Dana, secrétaires, Alain Deniau, trésorier, J.P. Lehmann, H. Yankelevich.

La même année le Cercle Freudien organise un colloque à Paris ayant pour thème: « La terreur subjective ».

1988 :
En juin, se tient un colloque de la revue Patio « L’archaïque et la mort ».
En Septembre, à l’initiative de Pascale Hassoun et d’Alain Deniau, un journal du Cercle Freudien est fondé « Che vuoi ? ».
Les mercredis portent sur « La clinique analytique ».

1989 :
Un colloque est organisé à Dijon sous la responsabilité de Monique Tricot et Mireille Faivre dont le thème est « Savoir-faire de l’inconscient – de la psychanalyse comme acte ».
Deux journées de travail organisées à Royaumont portent sur « Du didactique dans l’institution – fonctions de la désignation ».
Le Cercle met au travail la question de la psychose sous l’intitulé « Incidences de la psychose sur la clinique psychanalytique ».
En juin, un exposé sur l’histoire du Cercle Freudien est présenté par Jacques Hassoun et Claude Rabant.

1991 :
Un colloque est organisé à Lille sur le thème de « La filiation ».
Le thème des mercredis est  « Le cadre de l’analyse ».

1992 :
Le Cercle Freudien organise à Paris un colloque international sur « Le cadre de l’analyse ».
Le thème de travail de l’année est  « La question de l’analyse didactique: comment devient-on et reste-t-on psychanalyste ? ». Des séminaires et groupes de travail se mettent en place sur ces questions.
En novembre, le journal « Che vuoi ? » organise un colloque à Paris  « Lorsque la vie hésite ».

1993 :
À la suite de conflits institutionnels, lors d’une assemblée générale, les membres du Cercle Freudien décident de se doter d’une revue. Celle-ci prendra le titre du journal du Cercle « Che vuoi ? ».
Le journal fait paraitre son dernier numéro (11/12) consacré aux actes du colloque de 1992.

1994 :
Un colloque est organisé à Paris sur le thème de « La contrainte ».
Le Cardo propose un après-midi de travail autour du thème « Du didactique » ; temps de réflexion et de questionnement à partir des trois années de fonctionnement du deuxième Cardo.
En septembre, des journées pour les membres du Cercle ont lieu au Moulin d’Andé qui reprennent le thème de l’année 1992  « Comment devient-on et reste-t-on psychanalyste ? ». Les journées marquent un pas de plus dans le travail déjà abordé au même Moulin d’Andé et à Royaumont.
Plusieurs rencontres auront lieu, au cours de cette année, sur le thème de  « L’enseignement ».

1995 – 1996 – 1997 :

Les questions du devenir analyste, de l’enseignement et de la transmission  sont au cœur du travail de l’association, sans pour autant reprendre le dispositif de « La Passe » élaboré par Jacques Lacan et l’EFP.  En 1995, est mis en place «  La Déclaration de son travail de psychanalyste », lieu d’adresse proposé aux membres de l’association qui souhaitent se déclarer analyste.

Le Cercle Freudien fait partie des initiateurs de l’inter-associatif (1989) et il contribue, dès sa fondation à Bruxelles en 1994, aux travaux de l’inter-Associatif Européen de Psychanalyse.

Une politique d’ouverture sur la psychiatrie, la médecine et le champ scientifique, comme lieux de soin et de recherche dans lesquels la psychanalyse a sa place est menée, mais l’on peut déjà déceler des signes alarmants sur son devenir.  À Sainte-Anne sont organisés des samedis cliniques, en particulier sur l’hystérie et le narcissisme.

Les journées internes, réservées aux membres de l’association, ont lieu à Dourdan en 1996 sur la vie des groupes de travail et des séminaires.

En janvier 1997 à Paris, se tient le colloque du Cercle Freudien sur le thème : «  Le religieux ».

La revue du Cercle Freudien Che vuoi ? fondée en 1993 poursuit ses publications : La folie insoupçonnée (n°4), La responsabilité du psychanalyste (n°5), La jalousie (n°6), Les logique du corps (n°7).

1997- 1998 -1999 :

Une réflexion sur l’institution analytique, la spécificité de l’acte analytique et le parcours des psychanalystes est menée avec la création d’un atelier de la formation, lequel s’inscrit  dans la suite du groupe de travail « Mutation(s)».
Le colloque d’octobre 1999 a pour thème : Mouvement de l’analyse, Quelle liberté ? 
Deux forums sur l’institution vont  conclure cette réflexion, le premier en novembre 1999 sur les Raisons associatives, le second en décembre 1999 sur les Énoncés fondateurs. 
Par ailleurs, s’appuyant sur l’idée du symptôme social, sont organisés des mercredis / forums sur des questions déterminantes qui émergent ou qui insistent : sur les nouveaux développements de la médecine, sur l’injonction de soins, sur l’économie en mouvement, sur l’irrémédiable de la Shoah et ses traductions dans l’art et la littérature, sur les ravages de l’identité.

Le 24 avril 1999, Jacques Hassoun, membre fondateur du Cercle Freudien meurt. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

Le 9 mai 1999, au cours d’une assemblée extraordinaire l’association adopte de nouveaux statuts et réduit la composition du C.A à cinq membres pour un exercice de deux ans, renouvelable une fois.

Le Cercle Freudien contribue en septembre 1999 à Barcelone à la fondation du mouvement Convergencia.

2000 – 2001 – 2002 :

Durant les années 2000-2002, le Cercle Freudien aura vu ses activités se déployer autour de deux thèmes qui donneront occasion à deux colloques successivement en 2001 et en 2002.
2000-2001:  les mercredis du cercle auront été orientés autour du thème du symptôme.
En juin 2001, un colloque sur le Symptôme se tiendra à Dijon, organisé par les membres du CA et les membres du Cercle Freudien de Dijon.

2001-2002: les mercredis verront des exposés fort riches explorer le thème de la sublimation.
En juin 2002, un colloque intitulé  » Le sublimable et l’insublimable  » se tiendra à Paris.
En juin 2002, un colloque sur « L’infantile » est organisé à Reims en collaboration avec La Criée.

À l’issue du travail d’une commission, la procédure d’inscription de la pratique psychanalytique succède à La déclaration. Elle constitue l’article 19 de nos statuts.
Elle instaure une adresse « le cartel d’inscription » pour celui qui déclare sa pratique d’analyste. Les membres qui effectuent cette procédure sont inscrits en tant que « Psychanalystes membres du Cercle Freudien ».

2003 – 2004 :

En octobre 2003, les journées internes organisées à Ury élaborent entre autres la mise en place de la procédure d’inscription.
En décembre 2003 des journées sur la phobie sont organisées à Lille.
Le thème des mercredis traces et inscriptions préparera le colloque des 11-13 juin 2004, à Paris,  « Destin des traces ».
Le Cercle participe activement aux réunions du groupe de contact, à la suite de l’amendement Accoyer visant à réglementer les psychothérapies.

2005 – 2006 :

Non sans rapport avec l’actualité « La loi pour le psychanalyste » est le thème des mercredis de l’année 2005.
Le Cercle Freudien au sein du groupe de contact œuvre aussi pour que l’article 52 visant à réglementer l’usage du titre de psychothérapeute dégage une spécificité de la psychanalyse et laisse la responsabilité de la formation des psychanalystes aux seules associations de psychanalyse.
Che vuoi ? numéro 22  « Malaise dans la réglementation » traite de l’article 52 et de la laïcité de la psychanalyse. Le numéro 23 reprend les actes du colloque « Destins des traces ».
« La psychanalyse à l’épreuve des institutions » est alors le thème de l’année pour La Criée à Reims.

À Dijon, le Cercle travaille sur  « Clinique et jouissance(s) » puis « Malaise dans la modernité : vers une jouissance sans limite(s) ? ».

Plusieurs cartels de la Procédure d’inscription de la pratique psychanalytique ont lieu au cours de ces années ainsi qu’un premier retour institutionnel lors des journées internes d’octobre 2005.

Ce sont aussi des années marquées par une mise en question du fonctionnement du Cardo.

Le thème suivant des Mercredis du Cercle « Quelles versions de la langue pour le psychanalyste ? »  prépare le colloque « La Langue comment ça va ? » des 9, 10 et 11 juin 2006 à Paris.

2007 – 2008 :

Deux axes orientent les Mercredis du Cercle en 2007 :
– Travailler la clinique à la fois dans son réel le plus quotidien et, à travers lui, dans les grandes références que nous offre le discours psychanalytique ;
– Mener à son plus haut niveau d’élaboration conceptuel l’interrogation actuelle sur les grandes questions internes à la psychanalyse et sur les instances que le Cercle Freudien s’est donné pour en répondre : formation, enseignement, transmission, nomination, etc.

Les 20 et 21 janvier 2007 ont lieu à Dijon des journées cliniques « Déplacement dans la cure ou comment faire bord à la jouissance ». Le Cercle Freudien à Dijon entreprend ensuite un cycle de recherche sur le rêve.

La Criée à Reims choisit pour thème : « Expériences de la folie » dont les actes sont publiés aux éditions Éres.

Les journées internes, organisées à Paris  les 20 et 21 octobre 2007, recentrent la politique institutionnelle, mènent au choix du thème des Mercredis pour l’année 2008 : « La psychanalyse et le mal » et dégagent des questions soulevées par le fonctionnement de la Procédure d’inscription de la pratique psychanalytique. Lors de l’Assemblée générale du 24 novembre 2007, les modalités pratiques de cette dernière sont précisées par votes.
À cette même AG, il est voté que la cotisation annuelle de membre de l’association est due pour l’année civile.
La première journée annuelle de la Procédure d’inscription est organisée le 11 octobre 2008.

« Le malaise pervers »  numéro 32 de la revue Che vuoi ? est élaboré à partir de deux journées cliniques sur la perversion, organisées rue Payenne en octobre 2008, par le comité de rédaction de la revue, en collaboration avec Espace Analytique.

Le Cercle Freudien est présent et actif à Convergencia et participe au colloque organisé en janvier 2008 : «  Que peut-on attendre aujourd’hui des quelques autres ? ».

Il organise le séminaire de l’inter-Associatif Européen de Psychanalyse, à Lille, les 7 et 8 juin 2008 : « Pourquoi des associations de psychanalyse ? » dont les actes sont publiés aux éditions des crépuscules.

Il  travaille aussi avec le groupe de contact, poursuivant l’action à propos de l’article 52 réglementant les psychothérapies.