Danièle Epstein
Dérives adolescentes :
de la délinquance au djihadisme

 

Danièle EPSTEIN

Dérives adolescentes : de la délinquance au djihadisme


Préface de Olivier DOUVILLE

Éditions érès

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 « 13 novembre 2015, autour de 22 h, dans le 11e arrondissement de Paris, boulevard Voltaire. Une explosion assourdissante sur fond de silence… Comment se dé-sidérer de ce qui a fait effraction ? Des hommes, des jeunes, tuent et se tuent. Au nom d’une cause, au nom de leur désespérance. En bout de course, leur trajet se fait suicidaire…….Me reviennent alors les vies en morceaux de ces enfants sans horizon, leur parcours traumatique. Des adolescents fermés, butés, retranchés, suivis au sein d’une équipe éducative, dans le cadre d’un service de milieu ouvert de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, où psychanalyste, j’exerçais. Me reviennent aussi ces écrits qui, au fil des années, ont étayé mes réflexions, des écrits que j’ai soutenus autant qu’ils m’ont soutenue, pour mener cet exercice clinique a-typique, faire valoir la dimension psychique, la faire travailler dans sa dimension analytique, dans un contexte où l’ordre judiciaire est maître. … »

Ainsi débute l’ouvrage qui témoigne d’une réflexion clinique, théorique et d’un combat institutionnel, à la lumière de l’endoctrinement djihadiste qui guette ces adolescents pleins de cris mais sans mots pour les dire; des jeunes qui errent dans leur ghetto psychique, déserté de mémoire et de projets, jusqu’à ce que la butée judiciaire fasse limite à leur dérive. Comment se faire passeurs quand ils sont dans l’impasse?

Analyses et propositions sont avancées ici pour faire valoir les possibilités de construction psychique qu’offre l’évènement judiciaire dans le trajet chaotique de ces jeunes, avant que des recruteurs djihadistes ne se saisissent de leur inespoir, s’emparent de leur violence, et instrumentalisent leur narcissisme sinistré. De quels ressorts psychiques relève un tel devenir assassin et suicidaire?  Une clinique du trauma, une clinique de la violence, une clinique de la jouissance, une clinique de l’exil, une clinique de l’errance psychique de la dépression à la mégalomanie

Une psychanalyste témoigne de son travail clinique et de ses enjeux auprès des adolescents en danger de radicalisation, qui, à l’issue d’un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.

Psychanalyste au sein d’une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, l’auteur livre une réflexion sur l’embrigadement djihadiste qui guette des adolescents déstructurés : faute d’être entendus et pris en charge dans leur manque d’espoir, ces jeunes prennent le chemin de la radicalisation. Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses  théoriques et  institutionnelles qui témoignent d’un combat clinique dans l’ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l’enjeu de leur vie est de « prendre pied », en s’enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ? Des  analyses et des propositions qui soutiennent une prévention de la radicalisation.