A Dijon

 

N B 2

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Compte tenu du contexte sanitaire, nous avons dû suspendre les rencontres du Cercle d’avril et de juin, ainsi que les différents séminaires.

 Le séminaire de Monique Tricot recommencera le 12 octobre, et nous envisageons de reprendre les rencontres des samedis, et leurs réunions préparatoires, ainsi que les autres séminaires au mois de janvier 2021.

Nous avons déjà pris toutes les dispositions pour que les règles sanitaires soient respectées. Pour les samedis, nous avons choisi une nouvelle salle de grande taille, à cet effet.

Vous trouverez ci-joint l’argument du séminaire du lundi, et nous vous adresserons ultérieurement, le programme de nos futures rencontres

ACTUALITE DU MALAISE DANS LA CULTURE (CIVILISATION) 

MONIQUE TRICOT

 

 « La psychologie individuelle devient spontanément psychologie sociale du fait que d’emblée l’Autre entre dans nos vies comme modèle, objet et adversaire. » S. Freud

« Je n’ai aucune Weltanschauung pour la raison que ce que je pourrais à la rigueur en avoir, ça consiste à dire que le monde, le Welt, est bâti avec du langage » J. Lacan

 

La psychanalyse n’est pas une Weltanschauung – pas une vision du monde – prévient Freud en 1925 dans « Inhibition, Symptômes et Angoisse ». Et pourtant, après s’être attaché à questionner les religions comme Illusion sur laquelle reposeraient nos communautés humaines, il n’hésite pas à nous  livrer ses constructions psychanalytiques concernant le « Malaise dans la Culture ». Cette lecture des avatars des sociétés humaines est le titre définitif d’un ouvrage tout d’abord intitulé « Le Bonheur et la Culture », puis « Malheur dans la culture. » Bonheur, malheur, certes Freud a eu la main plus heureuse en nous proposant le terme de Malaise, malaise inhérent aux sociétés humaines, au même titre que l’incomplétude est inhérente à la condition de parlêtre.  Nous ne ferons cependant pas l’impasse sur la strate précédente du titre, qui s’affronte à la question du bonheur et du malheur.

            Avec son mythe de « Totem et Tabou » il nous avait proposé l’idée que la vie en société reposait sur un contrat pacifiant entre les frères, fruit de la symbolisation du meurtre primordial. Il remarque néanmoins que « nous descendons tous d’une lignée de meurtriers qui ont le meurtre dans le sang. » Son texte du « Malaise » bâti sur le dualisme pulsionnel prend la mesure de la destructivité à l’œuvre dans l’espèce humaine. Aujourd’hui personne ne peut douter du fait que cette destructivité attaque non seulement les liens entre les êtres ou entre les peuples, mais s’exerce également sur notre environnement. Ce n’est pas sans effets en retour tant sur le plan collectif qu’individuel. Nous commençons à en mesurer les conséquences géopolitiques et sanitaires, mais nous ne prenons pas encore la mesure des effets psychiques de cette destruction dont nous sommes à la fois victimes et auteurs. Par ailleurs, ne pourrait-on pas se demander de quelle façon cette destructivité affecte le discours, la langue, et la parole même.

            La période déroutante que nous traversons, marquée par l’incertitude, le désarroi, mais aussi des mécanismes de déni, bouleverse profondément nos repères et nos modes de vie en société. Elle conduit chacun à interroger non seulement son lien à l’autre et au socius, mais aussi à revisiter ce qui structure pour le meilleur et pour le pire nos sociétés humaines. Ces questions qui nous assaillent comme citoyens, nous serait-il possible de les mettre au travail dans le champ de la psychanalyse, c’est le pari et le propos de ce séminaire.

            Je proposerai que nous lisions ensemble l’ouvrage freudien à partir du chapitre V, souhaitant que chacun ait pu déjà s’imprégner du début du texte.

Mais il va nous falloir à notre tour forger nos outils analytiques pour tenter de penser le malaise propre à notre monde et la crise pandémique générée par l’infiniment petit d’un virus mortifère. 

La notion de « Discours » développée par Lacan, et notamment ses remarques éparses sur le  discours de la science, qu’il dit irrespirable, et le discours capitaliste, dont la caractéristique serait de forclore la castration, sera pour nos questionnements un soutien précieux.

            Dans une toute autre approche, nous  trouverons aussi auprès de Winnicott  et de ses développements à partir de l’espace potentiel et de la notion de « care », des clés pour penser l’aire culturelle et la vie en société.

            Ce ne sera qu’un des aspects de notre travail. En effet, ce malaise vient se dire dans le cadre analytique là où chaque histoire individuelle s’enracine dans l’histoire collective.

Aussi, comme dans nos séminaires précédents nos réflexions s’appuieront sur la clinique de chacun des participants.

 

Quelques indications bibliographiques :

FREUD :

  • Malaise dans la Civilisation
  • Essais de Psychanalyse : Psychologie collective et analyse du Moi
    Au-delà du principe de plaisir
  • Totem et Tabou

LACAN :

  • Séminaire 17 (1969-1970) L’envers de la psychanalyse Les quatre discours
  • Séminaire 16 (1968-1969) D’un Autre à l’autre p 34 Le discours capitaliste
  • Conférence à Milan (12/05/1972) Le discours capitaliste

TRICOT :

  • Che Vuoï n°29 : L’Erre de la Jouissance : Malaise dans la civilisation, l’œuvre au noir de la pusion de mort.

WINNICOTT

  • Conversations Ordinaires : A propos des objectifs de la guerre
  • Quelques réflexions sur le sens du mot démocratie

 

Pour participer à ce séminaire, même pour ceux qui étaient présents l’année passée, merci de s’inscrire auprès de Monique TRICOT, par mail, tricot.monique@9business.fr, ou par courrier, 24 boulevard du Maréchal Leclerc, 21240 TALANT.

30 euros, (15 pour les membres du Cercle freudien), seront demandés aux participants pour les frais de salle.

Les réunions auront lieu le deuxième lundi du mois à partir du 12 octobre 2020, de 19 heures 30 à 21 heures 30, salle Marcel Petit, 2 rue de l’Hôtel-Dieu, 21240 TALANT.

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