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Paris
Jean-Pierre Basclet
Nécessité fait loi

décembre 9 : 14 h 30 min 17 h 00 min

Être « nécessairement fou » comme l’énonce Pascal[1] ou souffrir de « maladies nécessaires »[2], seraient-ce les stigmates de notre humaine condition de « parlêtre » ?

Rompant, tant avec le discours philosophique qu’avec les assignations de « l’ordre médical », la psychanalyse, « science humaine » s’il en fut, en réinterrogeant le clivage entre normalité et pathologie, propose une explication possible à la « douleur d’exister » et de ce que celle-ci doit à l’inévitable Hilflosigkeit et à l’immaturité du petit d’homme quand il est « jeté au monde »[3].

Si Freud en découvrant l’inconscient, a, selon Lacan, jeté les bases d’une « nouvelle raison »[4], celle-ci n’en est pas moins toujours ignorée, contestée et/ou incomprise par les « non-dupes » que sont, la plupart du temps, ceux qui régissent nos vies en nous voulant, parfois, du « bien » ou qui, du haut de leur « pouvoir rationnellement justifié »[5],  président aux destinées de peuples entiers en instaurant, dans leurs « errements », un chaos d’où, espèrent-ils, pourrait surgir un « ordre nouveau »…

Cependant, concomitamment, la science, parée d’outils de plus en plus perfectionnés, semble découvrir et valider ce qui n’étaient, jusqu’alors, que des hypothèses issues de la théorie et de la clinique psychanalytiques, et donner ainsi à voir, ce qui sépare le hasard de la nécessité.[6]


[1] Blaise Pascal, Pensées in Œuvres complètes, Gallimard, collection La Pléiade, Paris, 1962, p.1134

[2] On doit cette expression à Pierre Benoit. Dans la préface au recueil de ses travaux, son ami Jean Perroy a cette formule ramassée : « Il est des maladies somatiques qui apparaissent comme l’expression nécessaire d’évènements inaccessibles. »

Pierre Benoit, Le saut du psychique au somatique in Le corps et la peine des hommes, Paris, l’Harmattan, 2004, p. 17

[3] Sigmund Freud, Inhibition, symptôme et angoisse (1926) (Michel Tort), Paris, PUF, 1968, p.82.

Voici la citation complète du texte dans lequel apparaît cette expression « Parmi les facteurs qui contribuent à causer les névroses, et qui créent les conditions dans lesquelles les forces psychiques se mesurent les unes aux autres, trois ressortent particulièrement ; un facteur biologique, un facteur phylogénétique, un facteur purement psychologique. Le facteur biologique est l’état de détresse et de dépendance très prolongé du petit d’homme. Par rapport à celle de la plupart des animaux, l’existence intra-utérine de l’homme est relativement abrégée, il est moins achevé qu’eux lorsqu’il est jeté au monde. » 

[4] Jacques Lacan, L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud in Écrits, Éditions du Seuil, Paris, 1966, p. 493-528.

[5] Jacques Lacan, Le savoir du psychanalyste. Entretiens de Sainte- Anne, 1971-1972, document de travail, p. 112.

[6] Jacques Monod, Le hasard et la nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Édition du Seuil, Paris, 1970.

Au local du Cercle freudien – 10 passage Montbrun 75014 Paris

10 passage Montbrun
Paris, France
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